Expression libre sur les Municipales à Pamiers, par Inès Milhau

Les élections municipales sont-elles un rendez-vous important pour vous et
pourquoi ?

Femme anonyme (42 ans)
Non. Je n’y trouve aucun réel intérêt car généralement, les maires restent sur plusieurs
mandats et aucun réel changement n’a lieu (depuis la nouvelle mairesse, il y a plus de
négatif que de positif).
Sophie (51 ans)
Oui, très important, primordial, il faut s’intéresser à la vie locale.
Sylvie (66 ans)
Je suis commerçante. C’est très important. l’équipe du conseil municipal s’occupe des
projets, de la sécurité, l’évolution du commerce et de la vie en général.
Christiane (86 ans)
Non. Je suis seule, tranquille et les élections n’impactent ma vie quotidienne.

Avez-vous occupé ou aimeriez-vous occuper des fonctions électives ? Pourquoi ?

Femme anonyme (42 ans)
Non. Il y a trop de responsabilité.
Sophie (51 ans)
Oui, j’ai déjà été adjointe au maire de Saint Jean de Verges.
Sylvie (66 ans)
Non car, étant commerçante, je ne peux pas m’engager politiquement avec un seul groupe car plusieurs clients sont dans plusieurs listes électorales.
Christiane (86 ans)
Non, je n’ai jamais eu l’occasion de m’y intéresser.

Qu’est-ce qui vous paraît le plus urgent à faire dans votre commune ?

Femme anonyme (42 ans)
Il faut mieux gérer les poubelles, mettre les parkings gratuits dans le centre ville, plus de
commerces, de fêtes. Le centre ville est mort et sans action. Il faudrait des mesures de
réglementations des loyers car c’est trop cher.
Sophie (51 ans)
Il faut améliorer les structures publiques, le stade, les parcs, etc. Et créer des postes de
médiateurs au sein des collèges, comme cela a déjà été expérimenté dans certains collèges (France Info a fait un reportage à ce sujet).
Sylvie (66 ans)
L’attractivité pour les gens qui cherchent à consommer. Il est important de rentrer l’entrée de la ville plus facile pour donner envie. Actuellement, il y a trop peu d’envie de chercher à aider les petits commerçants.
Christiane (86 ans)
L’éducation pour les enfants devrait être plus prise en charge.

Selon vous, quelle doit être la place des jeunes dans la commune ? Est-ce déjà le cas ? Si non, que mettre en place pour y parvenir ?

Femme anonyme (42 ans)
Ils ont une bonne place, en général. A Pamiers certaines personnes, il y en a qui se
regroupent pour le bien de la ville et son hygiène (des jeunes, des familles et autres).
Sophie (51 ans)
Les adolescents ne s’y intéressent pas assez. Pour y arriver il faudrait mettre en place un
conseil municipal pour enfants et adolescents (cela existe déjà dans certaines communes).
Sylvie (66 ans)
Je ne sais pas, je vais à des réunions mais sans jeunes: les réunions où je vais sont plutôt
orientées à gauche. C’est trop compliqué pour changer ça. A mon avis, il y a trop de choses dans le patrimoine, que les gens viennent habiter à Pamiers, changer la mentalité, surtout de ceux qui consomment, trouver une attractivité autre que saisonnière.
Christiane (86 ans)
La politique est un tabou. Il n’y a pas assez de jeunes qui font et donnent leurs propres
idées. Avec ce qui se passe, je ne sais plus ce que les gens pensent.

Cinéma : un réalisateur ariégeois tourne un thriller dans le département

Des élèves du lycée de Foix ont eu la chance, le vendredi 19 septembre, d’être figurants sur le tournage de François Robic, un jeune réalisateur ariégeois – le tout sous l’oeil des Jeunes journalistes Ariégeois, également élèves de l’établissement fuxéen. 

Ancien élève du lycée de Foix, François Robic a fait des études de lettres avant d’intégrer la Fémis, la prestigieuse école de cinéma parisienne, dans la section décor. Après avoir obtenu son diplôme, il a écrit et réalisé trois court-métrages : Rien d’important (2022), Trois femmes brûlées (2023) et Psylo (2020); ainsi qu’un documentaire, Où que je sois (2021).

C’est en Ariège qu’il est venu tourner une bonne partie de son premier long métrage, intitulé Le royaume des aveugles. Ce thriller raconte l’histoire de Magda, une jeune femme qui, longtemps après la mort de ses parents, décide de retourner dans son village natal afin d’y travailler. Cependant, une disparition sur un col voisin va empêcher ses espoirs de vie nouvelle.

L’actrice principale est Ariane Labed, accompagnée de Acardi Radeff, Maryline Even, Thomas Daloz, Mireille Roussel…

Doté d’un budget d’un million d’euros (ce qui est relativement modeste dans le cinéma français), le film bénéficie d’une équipe de 42 personnes, avec le réalisateur et ses assistants, les chefs décorateurs, les cameramans, le perchiste, les régisseurs lumière… Le tournage aura duré 24 jours, en Ariège.

Le neuvième soir, les lycéens figurants ont participé à une séquence qui mettait en scène Magda lors d’une fête de la Saint-Jean dans le village. Ces jeunes fuxéens ont pu échanger avec les nombreux autres figurants autour du feu. Deux règles phares : ne pas regarder la caméra et être habillé de couleur sombre.

“Cette expérience était très enrichissante, témoignent ces élèves, pour beaucoup issus de la section Cinéma AudioVisuel de Gabriel-Fauré. Même pour nous qui avons l’expérience des tournages au lycée, il n’est pas commun de voir un tournage professionnel. C’était la découverte de l’envers du décor…Que se passe derrière la caméra ?  Indications et changements de place pour les figurants, répétitions des acteurs avant leurs scènes, mise en place des caméras et des lights pour avoir le meilleur rendu possible, tout cela nous a vraiment immergés dans le monde gigantesque et passionnant du cinéma. Une soirée inoubliable, un tournage de cinéma servi sur un plateau au milieu des montagnes ariégeoises !”

Les Jeunes Journalistes Ariégeois





Cet article est réalisé par le groupe d’élèves du lycée Gabriel-Fauré participant à l’atelier « Jeunes journalistes ariégeois », que la rédaction de la Gazette ariégeoise accompagne pour la troisième année dans leur découverte des métiers du journalisme et la fabrique de l’information.

https://gazette-ariegeoise.fr/cinema-un-realisateur-ariegeois-tourne-un-thriller-dans-le-departement/



L’évolution du journalisme à travers le regard de Juliette Hollier-Larousse

Le journalisme a toujours été une discipline en constante évolution, naviguant entre les enjeux de véracité, de rapidité et d'accessibilité de l'information. Juliette Hollier-Larousse incarne cette transformation. De ses premiers pas à l’AFP en 1988, en tant que journaliste généraliste, à ses postes de direction, elle a vécu l'émergence des nouvelles technologies et l'internationalisation du journalisme. Son parcours, riche de découvertes culturelles et professionnelles, illustre l'adaptabilité et l'évolution du journalisme, tout en questionnant les nouveaux défis de la profession. C’est à travers cette perspective que son histoire croise celle du journalisme moderne entre évolution numérique et internationale.


Juliette Hollier-Larousse suit d’abord un parcours littéraire, avant de découvrir sa passion pour le journalisme en intégrant une école spécialisée. Curieuse et ouverte, elle se tourne naturellement vers l’agence de presse, un choix qui marque le début de sa carrière. Ce goût pour la transparence et la fiabilité de l’information la mène logiquement vers l’AFP, qu'elle intègre à l’issue d’un stage. Dès 1988, elle s’y illustre par sa polyvalence : d’abord journaliste généraliste à Marseille et Nice, elle couvre une grande variété de sujets. Son rôle à l'AFP s'élargit au fur et à mesure qu'elle prend des responsabilités internationales, notamment en Afrique de l'Est et en Amérique Latine, des régions qu'elle découvre et où elle s'investit pleinement dans des contextes aussi complexes qu’enrichissants.

Juliette tire une grande richesse de ses expériences à l’étranger. À Nairobi, elle se confronte à la réalité d’un continent où la presse est sous-développée, et où l'information passe par des canaux souvent indirects. Là-bas, la vérification et la mise en forme de l’information deviennent des missions primordiales, mais aussi profondément humaines. En Amérique Latine, elle coordonne des bureaux dans un contexte complexe, entre la multiplicité des sources, les enjeux politiques et la question de la sécurité. Dans ces environnements difficiles, le journalisme devient un outil de compréhension et de solidarité, où la langue et la culture deviennent des clés indispensables pour comprendre les enjeux locaux.

Ses expériences de terrain l'ont aussi amenée à réfléchir aux profondes mutations du journalisme au fil du temps. L’émergence d’Internet a marqué un tournant décisif : une révolution qui a permis à l’information d’être instantanément accessible, mais qui a aussi ouvert la voie à une propagation incontrôlée de la désinformation. 


Juliette souligne combien l’évolution du numérique a renforcé le rôle des journalistes dans la vérification des faits et l’analyse des contenus, face à une information désormais massivement diffusée, souvent hors contexte ou altérée. De plus, l'explosion des contenus en ligne, souvent portés par les réseaux sociaux, a donné naissance à de nouveaux défis. La prolifération des créateurs de contenu indépendants, ainsi que la facilité avec laquelle l’IA peut générer et diffuser des informations, soulève des questions sur la fiabilité et l’intégrité de l’information. L’enjeu devient alors : comment identifier les sources fiables et éviter la propagation de contenus trompeurs ou biaisés ?

Juliette met également en lumière la difficulté accrue de maintenir une neutralité rigoureuse dans un contexte où les opinions se radicalisent et où les régimes politiques deviennent de plus en plus polarisés. Dans ce contexte, les chartes rédactionnelles jouent un rôle crucial. Ces dernières sont, selon Juliette, indispensables pour maintenir un cadre transparent, rigoureux et objectif. Cependant, elle questionne aussi le principe de neutralité journalistique : Il est impossible d’être totalement neutre, car chaque individu porte ses propres convictions et points de vue. Toutefois, le rôle du journaliste est de transmettre des informations objectives et factuelles, en s’efforçant de maintenir un équilibre et en offrant une vision complète et contextuelle des événements.


Ainsi, Juliette a construit sa carrière à travers des missions internationales enrichissantes, notamment en Afrique de l’Est et en Amérique Latine. Son travail a évolué parallèlement aux grandes mutations du journalisme, notamment l’apparition d’Internet et l’explosion des contenus numériques. Dans un monde où la technologie transforme sans cesse notre manière de consommer l’information, la mission du journaliste reste claire : fournir des informations fiables, vérifiables et accessibles à tous… 


Lou Odasso-Trousselle  



Les JJA dans la Gazette Ariégeoise !

Lou, Juliette et Aymeric ont mené un entretien avec Numen Munoz, fils d'Herminia Munoz, figure de la résistance en Ariège

Les JJA dans la Gazette Ariégeoise !

Lou, Juliette et Aymeric ont mené un entretien avec Simon Bertoux, préfet de l'Ariège depuis 2023, accompagnés par leur photographe, Tomas.

Les JJA dans la Gazette airégeoise !

Juliette Marrécau, réalisatrice en résidence au Lycée Gabriel Fauré, a accordé une interview aux Jeunes Journalistes Ariégeois, rédigée par Lou Odasso-Trousselle...
Suivez ce lien: 

Interview de Martine Froger, députée ariégeoise à l'Assemblée

ARIÉGEOIS D'AILLEURS

A la rencontre de Madi: la cake-designer de l’Ariège

Pâtissière d'origine arménienne, nous faisons aujourd'hui la connaissance de Marine Gevorgyan. Installée en Ariège depuis une dizaine d'années, elle a ouvert en 2016 son magasin de cake design, Madi's Cake, dans le centre-ville de Pamiers. Elle y propose des gâteaux aussi beaux que délicieux et des ateliers pour petits et grands !

Pourtant, Marine ne s'est pas immédiatement orientée vers la pâtisserie. En Arménie, elle avait d'abord suivi une formation d'enseignante. C'est en s'installant en Ariège qu'elle découvre et tombe amoureuse de la gastronomie française. Elle décide alors de passer un CAP cuisine, puis se forme de manière autodidacte au cake design.

Si elle semble avoir trouvé sa voie, ses débuts dans ce domaine n'ont pas été sans difficultés. En tant qu'auto-entrepreneuse, elle doit faire face à des remarques misogynes, des difficultés qui résonnent avec son parcours personnel. Les inégalités de genre l'avaient d'ailleurs poussé à quitter l'Arménie, voyant en la France un pays de liberté pour les droits des femmes.

Si elle s'est dirigée vers la France, Marine n'en oublie pas pour autant sa culture arménienne. La transition a d'ailleurs été difficile les premiers temps, elle parle de son arrivée en Ariège comme d'un véritable « choc culturel ». Elle a su cependant s'adapter en passant de la ville à une région rurale, où l'accueil chaleureux et la richesse historique l'ont aidée à se sentir chez elle.


Marine exprime avec beaucoup de fierté sa nouvelle culture française, qui a transformé sa vision du monde. Elle se réjouit de l'ouverture d'esprit et du respect pour les droits, qu'elle considère comme des avancées précieuses par rapport à l'Arménie, parfois plus réticente au changement. 

Ce mélange de cultures, qu'elle qualifie de « richesse », lui permet de maintenir un équilibre unique entre ses origines et son identité franco-arménienne, dont elle est fière. Si elle garde certains aspects de la culture arménienne, son ouverture à la culture française a renforcé ses valeurs personnelles et l'aide à créer sa propre identité, résolument moderne et féministe. 

Marine affirme avec entrain l’espoir qu’elle place dans les jeunes générations. Dans le système scolaire arménien, pour accéder aux études supérieures, il faut soit avoir d’importantes ressources financières, soit être un élève méritant avec d’excellents résultats scolaires. Le système scolaire français, lui, nous offre cet accès, notamment grâce aux bourses. Néanmoins, l’éducation nationale n’est pas parfaite. Marine ne manque pas de souligner les lacunes du niveau de langue étrangère des Français. En Ariège, ce problème est particulièrement présent. Peut-être est-il dû à un manque de confrontation aux langues étrangères, du fait de la ruralité du département ?


L’espoir que Marine met dans les nouvelles générations se traduit aussi par l’organisation d'ateliers de cake design pour les jeunes. Elle insiste sur sa volonté de transmettre l’envie de faire avec les mains. Ses ateliers constituent une ouverture d’esprit pour des enfants qui n’ont pas forcément l’occasion de faire ce genre de travaux à la maison. Elle souligne aussi l’importance des métiers manuels. Ces métiers dans lesquels les jeunes voient peu d’attraits, et qui sont pourtant primordiaux.


Juliette HICK - Lou ODASSO TROUSSELLE 

“Je me dis que plein de choses sont possibles.”

Partir à l’étranger dans le cadre de ses études, c’est le rêve d’un grand nombre d’étudiants de nos jours. Soraya, 16 ans, ancienne élève de seconde au lycée Gabriel Fauré, a eu la possibilité de partir étudier à Londres cette année 2022-2023 dans le lycée français Charles-de-Gaulle, où le fils de David Guetta a été scolarisé dernièrement, ou encore les filles de Madonna. Qu’est-ce que cela a changé à sa vie d’adolescente, à sa perception des choses ? Soraya nous raconte son quotidien.

Je ne prends plus du tout la voiture, ce qui me change beaucoup quand je reviens en Ariège. Je fais du vélo tous les matins pour me rendre au lycée. J’ai pris l’option théâtre cette année. Je fais 8h30/18h tous les jours, sauf le mercredi où je finis à 14h. Ce sont de longues journées. Le soir je prends les transports en commun, je vais à mes cours de danse contemporaine une fois par semaine, je vais aussi à l’équivalent de l’unss volley. Je rentre souvent chez moi à 20h, mais ça ne me dérange pas parce qu’il n’y a pas cette dépendance aux parents. C'est-à-dire que je peux me déplacer partout grâce aux transports en commun, où je veux, quand je veux, je me sens plus libre par rapport à mes déplacements. Tout autour de moi les gens parlent anglais, dans leur groupe d’amis aussi, les élèves sont plus à l’aise en anglais qu’en français, ce qui n’est pas toujours évident pour moi. Le niveau scolaire est un peu plus élevé mais je pense que le passage de la seconde à la première joue beaucoup, on avance plus vite car les élèves sont plus intéressés, et les parents poussent leurs enfants à réussir. Ça se reflète sur les cours, dans ce lycée on finit toujours les programmes, et beaucoup d’élèves ont des professeurs particuliers et beaucoup de facilités, ce n'est quand même pas une école élitaire. Les professeurs attendent simplement plus de nous. Il y a beaucoup de gens riches, très riches, qui portent du Versace par exemple, mais il y a quand même une mixité. Les gens n’ont pas la même définition de l’argent que moi. Pour moi payer 20 euros au restaurant en étant étudiante, c'est beaucoup, alors que pour d'autres, c’est juste normal. Néanmoins, même si tout est plus cher, tu peux faire quand même beaucoup de choses.D’ailleurs j’ai dû m'habituer à payer avec les pounds pour ne pas me faire arnaquer!
Vivre dans une grande ville multiculturelle comme Londres, ça change de l'Ariège. J’aime beaucoup la culture anglaise, j’adore leur architecture. Londres est une ville très accueillante, colorée, les gens y sont ouverts et très aimables. Je pense que j’ai réussi à m’adapter facilement, ma famille d'accueil m'a beaucoup aidé à me sentir à l’aise. Je vais avec eux au théâtre tous les samedis soirs voir des pièces mythiques, comme Iphigenia in Splott de Gary Owen, dans des petits ou grands théâtre… J’ai aussi rencontré des élèves boursiers géniaux ! J’ai l'impression que maintenant, c’est ma vie et que tout est naturel; même si je pense qu’il y a des choses auxquelles on ne s’adapte pas complètement, comme les risques de la ville, sortir le soir quand il fait nuit, je me dis que je suis encore un peu naïve sur ce genre de choses. Je sors souvent le vendredi soir avec des copains, on va au restaurant, en ville… Je me dis que plein de choses sont possibles, j’ai envie d’étudier autre part qu’en France, je trouve ça tellement bien d’étudier dans un autre pays, dans une grande ville, de se créer une identité plus "importante", d’être plus autonome, d’être avec soi-même, de s'enrichir en voyant une autre culture, en la partageant aussi.



Et par rapport à l'Ariège, que penses-tu de la vie quotidienne ?

Ma famille d’accueil est aussi très écolo, ils ont un compost, font attention à leur alimentation, comme la plupart des gens en Ariège. Il y a des parcs gigantesque partout dans Londres, à 5min à pied de chez moi, si j’ai besoin de voir de la verdure ou de me changer les idées. Je me sens autant apaisée que quand je suis à la campagne en Ariège, parfois on y croise peu de monde,  la superficie est tellement immense! Mais je pense que, sans ça, la nature me manquerait beaucoup.
Les habitations anglaises sont vraiment différentes, les gens ont des petits jardins avec beaucoup d’arbres et de verdure. Ma famille et mes amis me manquent bien sûr, je prends le temps de les appeler, sans que je prenne ça pour une perte de temps, ça me fait beaucoup de bien. Je pense qu’après avoir vécu toute mon enfance à la campagne, vivre à Londres me fait rêver, je suis toujours dans cette extase de nouveauté! Mon avis n'est pas forcément très objectif par moments. Pour moi la vie en Ariège reste une chance inouïe, j’ai fait des rencontres incroyables, c’est un endroit calme, agréable et j’y ai vécu toute mon enfance. Je dirai juste que les possibilités sont plus réduites, et les opportunités aussi. Après je suis jeune, j’ai envie d'avoir une vie étudiante dans une grande ville, mais plus tard si j'ai des enfants, je préfèrerai me poser et vivre dans un coin comme l’Ariège comme l’ont choisi mes parents."

Par Chloé Raufaste

             



Louis, jeune lycéen de 18 ans en Terminale au lycée Gabriel Fauré à Foix, a accepté de partager son expérience sur son déménagement d’Angleterre vers la France.  Il donne ses impressions et présente ce que l’Ariège a de propre à elle-même.


Pourquoi avoir déménagé ? C’était ton choix ou celui de tes parents ?
Je viens d’Oxford. Mes parents ont acheté une maison en France pour les vacances, finalement mes parents voulaient y rester . Je suis restée un an et j’ai étudié à l’école, puis je suis revenu en Angleterre. J’ai déménagé officiellement il y a 8 ans, après avoir fait plein d’aller retour avec la France. De base, mes parents avaient une maison à Cordes-sur-Ciel, on y est resté plusieurs années, mais mes parents ne s’entendaient pas donc ils ont divorcé. On m’a présenté le choix de retourner à Londres avec mon père, ou de rester en France. J'ai décidé de rester, et mes deux sœurs et moi avons déménagé en Ariège.

Comment t’as vécu ton adaptation à un autre pays ?
L’adaptation se fait petit à petit, il y a toujours une discrimination avec tous les étrangers, mais, de tous les endroits où je suis allé, l’Ariège n’est pas le pire. Les gens ont été sympa, c’était cool.

Pour toi, y a-t-il des différences entre ici l’Ariège (la France) et là-bas ?
Pour moi, on ne peut pas comparer une capitale comme Londres à Foix, une ville d’Ariège. Déjà l’urbanisation. Londres c’est plus industriel, avec plus de gens, plus d’activités , tout est amplifié. Tout ce que tu trouves à petite échelle ici, tu le trouves à plus grande échelle là bas. Je peux comparer mais à des échelles différentes. À mon avis, la France est un des meilleurs pays, dans tous les domaines. Ce qui est frappant c’est les droits, certes l’égalité est une des valeurs, mais je trouve que beaucoup de lois ne sont pas respectées, qui ne sont pas les mêmes qu’en Angleterre, par exemple un riche pourra toujours gagner plus que quelqu’un qui a moins d’argent. En Angleterre, les lois sont plus imposées, les gens les respectent, mais ça a des aspects positifs comme négatifs. Scolairement parlant, l’Angleterre est meilleure pour l’apprentissage, même si l’enseignement peut être plus dur. En France, on t’apprend beaucoup et d’un coup, et c’est pas la meilleure option. Pour moi, il faut avoir son propre rythme pour mieux apprendre.


Avant de déménager c’était quoi les clichés que t’avais en tête ?
L’image stéréotypée que j’avais c’était une image chic des français. Je ne sais pas pourquoi, je pense que c'est l’image que l’on apprend en quelque sorte.

À partir de tes premières impressions qu'est-ce que tu retires de cette expérience de vie ?
J’ai toujours le mal du pays, dans le sens où ma famille me manque, surtout avec la crise sanitaire. Ça fait 3 ans et demi que je n’ai pas pu les voir, mais j’ai aucun regret de rester ici, déjà parce que les études supérieures sont plus chères en Angleterre. Ça a tout de même été une bonne expérience, je regrette pas d’avoir déménagé. Si je devais faire de nouveau ce choix,  je ferais la même chose. Après j’ai l’impression de perdre mon niveau d’Anglais…  


Par Chloé Bocanegra

ARIÈGE TERRE DE SPORTIFS

Octobre 2024 - Saverdun en ébullition 

Entraînement délocalisé du Stade Toulousain : rencontre avec Nelson Épée 

Ce mercredi 30 octobre, la ville de Saverdun a accueilli sur son stade Paul Fines, un entraînement délocalisé du Stade Toulousain. En effet, après une saison glorieuse, l’UA Saverdun a eu l’honneur de recevoir l’équipe toulousaine ! 

Un évènement organisé par la région Occitanie et qui se voit être de plus en plus populaire avec la présence de plus de 2500 personnes ( l’année précédente à Lavelanet). C’est un moment convivial et chaleureux qui permet à notre région de mettre en avant un club de grande envergure dans nos campagnes. C’est aussi un événement intergénérationnel, qui permet aux jeunes rugbymens et rugbywomens de rencontrer des joueurs qui sont pour eux des idoles et des exemples.


En ce jour, Nelson Épée, originaire de Saverdun et joueur actuel du Stade Toulousain, a été mis à l'honneur. Le Saverdunois s'est dit particulièrement heureux et fier d'avoir eu l'opportunité de revenir sur sa terre natale avec son club actuel.

Depuis qu'il a commencé à jouer ici à l'âge de six ans, Nelson a développé un lien profond avec le rugby et avec Saverdun. Il ne se considère pas seulement comme un joueur ariégeois, mais comme un véritable joueur Saverdunois, fier de représenter sa ville d'origine. 



A ce titre, il souhaite remercier ses éducateurs du Stade Toulousain et de Saverdun qui ont joué un rôle fondamental dans son parcours. Ce sont eux qui lui ont transmis les valeurs du rugby et l'envie de se dépasser, des valeurs qui continuent de l'accompagner et qu’il souhaite transmettre à son tour. De cette manière, il conseille à tous les jeunes de se lancer dans cette aventure rugbystique, où les amitiés se forgent et où chacun peut trouver sa place dans un cadre bienveillant.

Parmi les souvenirs qu’il a partagé avec nous, la finale des Jeux Olympiques occupe une place à part dans son cœur. Il se dit encore une fois très honoré d’avoir pu faire partie de “l’aventure” et développe sur la complémentarité entre le rugby à 7 et le rugby à 15. Il souligne que le rugby à 7, par sa rapidité et ses exigences physiques, l'a aidé dans les phases de ruck, mais aussi dans l'acquisition d’une meilleure condition physique et d’une attaque plus performante.

Enfin, il clôture notre rencontre avec une pointe de chauvinisme assumé, il ne manque jamais une occasion de rappeler sa fierté de porter les couleurs du club rouge et noir, symbole de son engagement et de son attachement. 


Par Lou Odasso-Trousselle et Juliette Hick


Des champions ariégeois qui en veulent !

Clément, espoir ariégeois dans le handisport

Cela fait maintenant sept ans que Clément,  élève de Terminale du lycée Gabriel Fauré de Foix, pratique le tennis de table handisport. Clément a participé à plusieurs grandes compétitions nationales et internationales telles que les Jeux européens paralympiques de la Jeunesse en Finlande.

En effet, à 16 ans, Clément est parti en Finlande pour participer aux Jeux européens paralympiques de la jeunesse. Ce fut une expérience hors du commun et enrichissante mais tout autant stressante et intimidante. Et pourtant, Clément a réussi à en tirer parti et cela lui a permis de « s’endurcir » pour la vie de tous les jours. La pratique de ce sport l'a aidé à gagner en confiance et à ne plus faire attention au regard des autres sur son handicap. Enfin, ses nombreuses compétitions lui ont aussi permis de s’améliorer dans sa maîtrise du stress :     « Au départ, j'étais stressé pour les premières grandes compétitions, comme quand je suis allé en Finlande, mais avec l’habitude, ça va mieux. Le moment le plus stressant pour moi est juste avant le début du match quand les juges doivent vérifier la conformité des raquettes. »

Également, sa pratique de ce sport est tout aussi motivante grâce à ses modèles. Cela passe par sa famille, son père fait du badminton depuis longtemps et par des grands sportifs comme Timo Boll, un joueur allemand :« J’adore son style de jeu. Il arrive à changer sa raquette de main en milieu d’action »

 Clément s’entraîne quatre soirs par semaine, soit entre huit et dix heures par semaine. En y ajoutant les cours, son emploi du temps est chargé mais Clément arrive à s’organiser. « Les week-end on a des compétitions, en double ou simple, et on rentre parfois tard ce qui est un peu fatiguant. » Le sport ayant une place majeure dans son quotidien, Clément compte bien continuer à le pratiquer l’année prochaine, lorsqu’il commencera ses études supérieures : il souhaite intégrer le Pôle France Tennis de Table Handisport à Bordeaux. Y étudier optimiserait ses chances de participer aux Jeux Paralympiques 2028 à New York. En effet, partir dans une structure adaptée et équipée à ce sport lui permettait de s'entraîner dans de bonnes conditions.      " À Foix, on a une salle neuve adaptée à la pratique du ping-pong. Le budget a augmenté pour ce sport à Foix même si dans d’autres endroits comme St Orens, il y a plus de budget". 

Léa, une championne ariégeoise

 Léa, une lycéenne ariégeoise, pratique des arts martiaux depuis maintenant dix ans. Elle a tout d’abord commencé par le judo, puis Léa a débuté le jujitsu il y a trois ans. Elle s’entraîne entre cinq heures et cinq heures trente par semaine, « J’arrive à gérer mon emploi du temps. Lorsque je finis à 18h, c’est compliqué, mais c’est devenu une routine. Lorsque les compétitions s’accélèrent c’est un peu plus difficile. »

 La Championne de France cadette de Jujitsu, dont le modèle est son premier entraîneur qui l’a encouragée et motivée à poursuivre dans cette voie, a grandi dans une famille où le sport avait une place importante. En effet, sa sœur faisait elle aussi du judo et du jujitsu.

 La pratique de ces sports de combat à haut niveau ont permis à Léa de faire des rencontres, mais aussi d’avoir l’opportunité de vivre de nouvelles expériences, comme lorsqu’elle est allée au Championnat d’Europe de Jujitsu : « Quand je suis allée au championnat d’Europe, je connaissais personne donc c’était un peu compliqué. Mais c’est une expérience en plus, ça m’a beaucoup apporté. » La pratique du jujitsu à un haut niveau a été l'occasion de voyager ce qui lui a beaucoup plu, malgré le stress et la pression lors des grandes compétitions qui sont difficiles à gérer : « J’ai envie de faire d’autres compétitions nationales ou internationales. »


Penses-tu choisir des études en rapport avec le sport ?

« J’ai pensé à l’équipe de France qui est à Orléans mais c’est loin de chez moi donc j’hésite encore, mais je compte continuer après le lycée, dans un autre club. » 

Même si Léa ne pense pour l’instant pas poursuivre ses études dans le sport, elle souhaite tout de même continuer de pratiquer l’année prochaine dans un nouveau club. Le sport fait en effet partie intégrante de sa vie de tous les jours. « J’ai choisi un sport de combat car ça me permet de me défouler. »


Par Chloé Bocanegra et Lila Lagree

DES JEUNES 

ENGAGÉS POUR L'ÉCOLOGIE

Grandir en Ariège, c’est aussi grandir près de la nature. C’est alors “naturellement” que le lien avec l’écologie se développe chez de nombreux jeunes ariégeois et ariégeoises. Mais comment agir, s'engager pour cette cause?

 Le 23 septembre 2022, suite à l'initiative de la Maison Des Lycéens Gabriel Fauré (Foix), un groupe d’une dizaine de lycéens fuxéens se rend à Toulouse pour la Marche de la jeunesse pour le climat. Tanya, 17 ans, a pris part à cette expérience. 

La lycéenne, en classe de Première, se dit particulièrement concernée par les luttes actuelles de notre société. Elle nous raconte comment s’est passée cette journée de manifestation.



“Il y a eu un mouvement de la MDL au lycée, et plusieurs personnes étaient motivées pour y aller, alors nous avons tous formé un groupe. Pour ceux qui pouvaient payer le train, nous l’avons pris l'après-midi, car c’est comme ça qu’on peut aller à Toulouse [1h30 en train]. L’ambiance collective y était très joyeuse. Le collectif pour les luttes donne vraiment envie de se lancer, on se sent moins seule, et d’y aller avec d’autres lycéens et lycéennes m’a motivée. D’ailleurs, comme dans toute sorte de lutte, de lutter et revendiquer ensemble donne plein d’idées, et renforce notre détermination, on a vraiment l’impression de pouvoir y arriver. 

En tant qu’Ariégeois et Ariégeoises, il est plus compliqué de s’engager que quand on est dans une grande ville, toutes les assos ne sont pas sur place, même si ça évolue positivement. Il faut savoir chercher, se renseigner, et essayer de rencontrer du monde, donc généralement ça se passe dans les grandes villes. Soit on fait les déplacements, soit on trouve dans notre entourage avec qui faire des projets localement, mais les points repères seront plus dans les grandes villes, comme Toulouse.

Je pense que l’écologie résonne beaucoup pour les Ariégeois et Ariégeoises, c’est un département où plein de personnes sont engagées pour ça, il y a plein de nouvelles et différentes façons de développer ça ici; par exemple le Smectom du Plantaurel qui propose le compost pour des villages ou des particuliers, on a cet avantages par rapport aux endroits plus citadins.



Je pense aussi que nos parents nous influencent beaucoup sur ce sujet, et comme la mentalité écologique est déjà présente ici, les jeunes peuvent être facilement sensibilisés à ça, je pense.

Je pense que la jeunesse, ados et jeunes adultes, est la plus engagée dans cette lutte là,  c’est quelque chose qui grandit de plus en plus, ça devient générationnel. II y a une association que je trouve très humaine que j’ai approché il n’y a pas longtemps, Fridays For Future, un mouvement de jeunes. Elle organise des grandes pétitions, par rapport au désastre écologique de la Coupe du Monde par exemple.

J'ai encore envie de participer à des événements comme cette manifestation à Toulouse, même si pour moi ce n’est pas le plus facile. Et en plus de manifester dans la rue, je trouve qu’il est important d’agir et de s’engager pour faire bouger plus concrètement les choses. 

Si j’ai un message à faire passer aux jeunes, d’Ariège ou d’autre part, c’est qu’il faut prendre soin de soi, de cette génération, et qu’il est important de lutter quand on en a la force et l'énergie.”


Par Arthur Santarnecchi-Pérez